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TÉMOIGNAGE
 
 

Roger & Pauline Simon

Roger Simon Pauline Simon

Le 28 février 1995.

Témoignage à la Commission sur l'avenir du Québec

MADAME LA PRÉSIDENTE,
MEMBRES DE LA COMMISSION,

Je suis propriétaire d'un magasin d'articles de pêche et de chasse à Kanesatake. Suite à la Crise d'Oka de 1990 plusieurs de mes clients furent reçus par des rafales de mitraillette tirées au dessus de leur têtes par des individus embusqués dans des buissons de l'autre côté de la route 344 en face de mon commerce.

Ce genre d'intimidation devenait de plus en plus fréquent. Devant le refus d'intervention des autorités policières il fut devenu nécessaire de répliquer par une rafale de mitraillette de semonce en direction des harcelants pour mettre fin une fois pour toute à ce dangereux manège.

Quelques mois plus tard un cocktail Molotov fut lancé dans mon commerce, par la vitrine avant, qui provoqua un incendie et détruisit une partie de mes produits.

Jamais à aucun moment des situations semblables ne s'étaient produites avant la Crise de 1990.

Comme Kanesatake est une zone rouge et que les assureurs refusent de m'assurer depuis 2 ans j'ai donc dû absorber les pertes du feu et des produits détruits. Mon commerce n'a aucune valeur parce ce qu'il n'y a aucune rentabilité et ne vois pas le jour où il y en aura.

Mon seul crime est de vouloir essayer de rétablir la paix dans notre Communauté en dénonçant la désobéissance civile et l'anarchie.

Le ministre des Affaires Indiennes & du Nord Canada m'écrit en me confirmant que c'est la Sûreté du Québec qui est responsable de la sécurité sur le territoire de Kanesatake.

Le Grand Chef Jerry Peltier qui prépare sa propre force policière ne veut rien savoir de la S.Q..

La S.Q. a un rôle ambiguë à Kanesatake dictée par le politique selon la situation de moment; elle l'avoue elle-même être près de la crise de nerfs à l'occasion.

J'ai vue la famille de mon propre garçon avec 2 enfants en bas age être assiégée par des gens armés qui ont même tenté de brûler la maison alors que la S.Q. a refusée quatre demandes d'intervention après que la R.C.M.P. aie refilée le dossier à la S.Q..

Quelques automobilistes ont reçus des projectiles en circulant sur la route 344; il y a des représentants de commerce et des compagnie de transport qui refusent de venir sur le territoire. Il n'y a plus d'achalandage et nos commerces croulent et ferment l'un après l'autre. Nous ne réussissons plus à attirer aucun nouveau commerce ou industrie.

Tout l'argent alloué au Conseil de Bande pour le développement économique est détourné sans que les membres de la Communauté Mohawk de Kanesatake soient consultés ni même informés.

L'autonomie gouvernementale des autochtones passe nécessairement par l'autosuffisance et cette dernière est impensable dans le contexte actuel de Kanesatake.

La bataille que se livre les gouvernements fédéral et provincial passe bien avant l'intérêt de notre Communauté et de ses membres.

La question du nationalisme québécois sert bien la confusion qui est volontairement entretenue à Kanesatake mais les deux gouvernements supérieurs feraient bien de se rappeler que leur bataille d'intérêt se fait sur le dos des membres de la Communauté de Kanesatake qui sont les innocentes victimes des stratégies politiques.

Le gouvernement du Québec nous a envoyé l'armée canadienne en 1990. J'aimerais bien savoir du Gouvernement du Québec qu'elle serait son attitude au lendemain d'un référendum qu'il gagnerait si notre Grand Chef Jerry Peltier ferait appel à l'armée canadienne à Kanesatake?

Dans une telle alternative quels moyens prendrait ou aurait à sa disposition le Gouvernement du Québec pour protéger la Communauté de Kanesatake?

Encore plus plausible, au lendemain d'une victoire du oui du référendum, que ferait le Gouvernement du Québec si il advenait une répétition des incidents de l'été 1990 à Oka ou si certains membres de notre Communauté ou de toute autre communauté autochtone du Québec décidait de contester l'intégrité du territoire?

Si ces questions vous semblent préoccupantes dites -vous qu'elles le sont encore bien plus pour ceux qui ont vécu ce scénario il y a 5 ans car notre quotidien en est encore aujourd'hui chambardé.

DOCUMENTS DE RÉFÉRENCE

27 février 1995 Témoignage à la Commission sur l'avenir du Québec
30 septembre 1995 La Presse par Jean-Paul Charbonneau
   
 
 
 
 
 
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