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COMMISSION POITRAS
MÉMOIRE
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SECTION 2
 

 
 

2.2 Les organismes de Kanesatake

C'est principalement à cause de quelques organismes, qui se sont formés suite à la Crise d'Oka de l'été 1990, si le Territoire de Kanesatake n'est pas tombé dans l'anarchie totale entraînant dans sa suite des situations aux conséquences désastreuses pour l'ensemble du Québec. Aussi incroyable que cela puisse paraître, toutes les demandes d'aide, de contributions financières ou autres que ces organismes ont présentées aux gouvernements, afin de continuer leurs actions de sensibilisation à la population en général de la situation explosive de Kanesatake, ont toutes été refusées même si les gouvernements reconnaissaient et bénéficiaient de l'action salutaire de ces organismes. C'est donc par soucis collectif que ces organismes ont fait bénévolement un travail de titan et bien souvent très mal compris de la population en général.

L'action pacifique et démocratique de ces organismes à la recherche du respect de l'ordre et des lois a indéniablement empêché tout le Québec, en particulier, ainsi que le Canada de vivre continuellement avec la menace d'un baril de poudre à éclater à tout moment où la menace de répétition de " Crise d'Oka " était continuellement rappelée.

Le Conseil Mohawk des Aînés & le Comité de Travail de Kanesatake (Mohawk Council of Elders & Working Committee of Kanesatake) fut sans contredit l'organisme dont le travail fut le plus remarquable à Kanesatake sur le plan du soucis de la sécurité, des droits fondamentaux et de la protection des citoyens à l'intérieur de Kanesatake. Fait peu commun à Kanesatake, l'organisme représentait un large éventail de la population de Kanesatake et réunissait des mères de clan, des aînés, des membres du Longhouse et un grand nombre de membres de la Communauté autochtone de Kanesatake dont le Ministère des Affaires Indiennes du Canada avait confirmé l'authenticité de la liste soumise.6

L'Association des Propriétaires à l'Intérieur de Kanesatake7 regroupait la grande majorité des propriétaires, tant autochtones que non autochtones, demeurant dans les enclaves à l'intérieur du Territoire de Kanesatake et qui avaient été identifiées par l'APIK. Son travail fut remarquable au niveau des communications pour faire réaliser aux gouvernements l'ampleur du drame qui terrassait les propriétaires de Kanesatake suite à la Crise d'Oka et des cinq difficiles années qui ont suivi.

La solution de l'achat des propriétés par les gouvernements devenait une nécessité pratique devant les préjudices irréparables engendré par l'attentisme gouvernemental.

Le fait de ne trouver aucun preneur à un prix acceptable crée un effet de panique et de démoralisation.3

L'APIK et le Conseil Mohawk des Aînés & le Comité de Travail de Kanesatake ont mis de l'avant et proposé de nombreuses solutions qui n'ont jamais été retenues et qui auraient réduit substantiellement et à long terme de multiples problèmes tout en satisfaisant les autochtones.8 & 9 L'inflexibilité des gouvernements dans ce dossier fut la première source de création de problèmes.

Personne n'est intéressé à acquérir une propriété, à quelque rabais que ce soit, là où la sécurité est inexistante et où les autorités gouvernementales s'affrontent au quotidien.

L'APIK a clairement expliqué cette situation dans son mémoire qu'elle a présenté à la Commission Royale sur les Peuples Autochtones :

" On croit à tort qu'il y a un problème de partenariat entre autochtone et non-autochtone à Kanesatake.

C'est plutôt à la base un complexe problème de conflit de juridiction provenant de quatre niveaux d'autorité dont certains pouvoirs, qui se chevauchent, engendre confusions et frustrations qui ne finissent jamais par se régler au grand dam des citoyens. "10

La résolution 93-04 du Conseil de la Municipalité de la Paroisse d'Oka en date du 11 janvier 1993 ne laisse aucun doute en ce qui a trait au manque de sécurité qui a affecté les résidants de Kanesatake pendant plusieurs années.11

À cause de l'attentisme et de l'incurie des gouvernements, et surtout au manque de sécurité et de protection, la situation est devenu tellement chaotique et explosive à Kanesatake au cours de l'année 1993 que l'APIK a logé une demande d'intervention au Comité des droits de l'homme de l'Organisation des Nations Unis (ONU) à leurs bureaux de Genève et de New York.

" Ces résidants, qui sont non-autochtones et aussi autochtones, sont confrontés continuellement au non-respect des droits fondamentaux qui sont reconnus tant par la Charte des droits du Québec que celle du Canada. "12

" L'Étude du dossier que nous vous soumettons vous convaincra que tous les recours à l'intérieur du pays afin de faire respecter les droits des personnes dans la communauté ont été épuisés."12

" Des copies de cette lettre (à l'ONU) ont été envoyées à M. Yves Lafontaine, président de la Commission des droits de la personne du Québec, et à M. Daniel Jacoby, Protecteur du citoyen. "12

Comme il était politiquement non rentable pour aucun parti politique, ni provincial ni fédéral, de voir, d'informer et d'intervenir pour faire respecter la loi et l'ordre à Kanesatake, seul l'Évêché de Saint-Jérome a eu le courage de venir sur place constater l'ampleur de la détresse humaine d'une population laissée à elle même sans sécurité et confrontée au quotidien au non respect de tous leurs droits fondamentaux.

" la qualité de vie s'est dégradée à un seuil non acceptable "13

" Confrontés quotidiennement au climat d'insécurité et d'instabilité créé par ces revendications, les allochtones de Kanesatake ont de plus en plus le sentiment d'être des étrangers dans ce qui fut ¨leur chez eux¨. "13

" Des collaborateurs de l'Évêque ont vu et entendu ces pères et mères de familles qui, pour plusieurs, ont atteint leur limite de tolérance psychologique. "13

Devant pareil constat, faut-il s'étonner que l'APIK ait fondé en octobre 1992 le MAVCO, le Mouvement d'Aide aux Victime de la Crise d'Oka, pour fournir bénévolement une aide, occasionnellement financière mais majoritairement thérapeutique, à toutes les familles traumatisées qui le demandaient et tout cela sans aucune aide gouvernementale que ce soit.14, 15 & 16

" Le MAVCO est en train de prouver scientifiquement et médicalement que les déclarations sur l'effritement du tissu social de Kanesatake que l'APIK avait faites au Comité Permanent des Affaires Autochtones en mars 1991 sont malheureusement exactes et la situation s'aggrave continuellement. "17

La Chambre de Commerce de Kanesatake fut fondée après la Crise d'Oka de l'été 1990 après qu'il fut constaté que toute l'activité commerciale de Kanesatake était détruite et que des efforts énorme de reconstruction étaient requis. Consciente que l'autosuffisance des peuples autochtones passe nécessairement par le développement économique, la Chambre de Commerce voulut se donner des structures. Les innombrables conflits de juridiction sur le Territoire et le leadership de Kanesatake lui rendent la vie impossible.18

Consciente aussi que tant que la sécurité ne reviendra pas sur le Territoire, la Chambre de Commerce de Kanesatake s'attaque à savoir de qui relève la responsabilité de la sécurité sur le Territoire. À cette question très controversée à Kanesatake, elle obtient la confirmation du ministre Ronald A. Irwin des Affaires Indiennes qui l'informe que la Sûreté du Québec est l'unique responsable de la sécurité sur le Territoire de Kanesatake: 19

" Quant à la sécurité publique, elle relève de la compétence du ministère de la Sécurité publique du Québec. La Sûreté du Québec est donc le corps policier chargé d'assurer les services de sécurité aux habitants de la région d'Oka et Kanesatake. "

Si il fut confirmé hors de tout doute que la Sûreté du Québec est le corps policier responsable d'assurer la sécurité des personnes et des biens sur le Territoire de Kanesatake, comme droit fondamental garanti par la Constitution du Canada à tous les citoyens du Canada, le vécu au quotidien démontre que la population de Kanesatake a été laissée à elle même et que la Sûreté du Québec a lamentablement manqué à ses responsabilités.

___________________

3 Rapport final, Oka au sortir de la Crise Amérindienne, 26 avril 1991, par Me Guy Bélisle, Chapitre I, article 1.1.
6 Constat par le Ministère des Affaires Indiennes et du Nord Canadien, le 20 septembre 1993 et LaPresse le 16 novembre 1993, par Jean-Paul Charbonneau.
7 Ci-après appelée l'APIK.
8 Lettre de l'APIK à la députée Lise Bourgault, le 15 octobre 1991.
9 Lettre du Mohawk Council of Elders & Working Committee of Kanesatake au ministre Ronald A. Irwing le 9 mai 1994.
10 Mémoire présenté à la Commission Royale sur les Peuples Autochtones par l'Apik, le 7 mai 1993.
11 Résolution 93-04 du Conseil de la Municipalité de la Paroisse d'Oka, 11 janvier 1993.
12 LaPresse, Jean-Paul Charbonneau le 28 avril 1993, Journal de Montréal, André Beauvais le 28 avril 1993, L'Éveil, Benoit Bilodeau le 2 mai 1993.
13 Lettre de l'Évêque Charles Valois et ses collaborateurs, le 13 avril 1993.
14 Communiqué de l'APIK du 10 mars 1993 et du Centre d'Aide aux Victimes d'Actes Criminels.
15 LaPresse, Jean-Paul Charbonneau le 27 mars 1993.
16 LaPresse, Jean-Paul Charbonneau le 30 mars 1993.
17 Lettre du MAVCO à la Ministre Régionale Monique Landry, le 26 mars 1993.
18 L'Été de 1990, mai 1991, Rapport du Comité Permanent des Affaires Autochtones, Chambre des Communes, Canada, pages 7, 39.
19 Lettre du ministre Ronald A. Irwin, Affaires Indiennes, à Roger Simon, président de la Chambre de Commerce de Kanesatake, le 28 juin 1994.

Suite du Mémoire, page 5
 
 
 
 
 
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