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COMMISSION POITRAS
MÉMOIRE
PAGE 3

SECTION 2
 

 
  2. UNE POPULATION CIVILE LAISSÉE À ELLE-MÊME

2.1 La population

La population civile de Kanesatake, qui n'était pas partie au conflit, fut non seulement la victime ignorée par les gouvernements mais fut odieusement prise à partie par la Sûreté du Québec, qui devant l'impuissance de venger le décès d'un de leurs membres voulu imposer leur domination vengeresse sur la population civile de Kanesatake dans des gestes d'une cruauté inexcusable. Le notaire Guy Bélisle dans son rapport final " Oka au sortir de la Crise Amérindienne " rappelle :

" Victime ignorée de la crise, la population okoise s'est sentie abandonnée par ses gouvernements et culpabilisée par des organismes publics prétendument neutres, oubliant que les droits en jeux pouvaient précisément concerner les deux collectivités, que les souffrances et les inquiétudes se retrouvaient des deux côtés de la ¨palissade¨. "3

Comment expliquer que des agents de la Sûreté du Québec ont saisi des vivres aux civils qui traversaient les barricades de la S.Q. alors que ces citoyens devaient protéger eux-mêmes leurs biens et leurs propriétés que ni les gouvernements ni les agents de la Sûreté du Québec ne protégeaient plus dans un environnement considéré dangereux et à hauts risques par les gouvernements et la Sûreté du Québec eux-mêmes.

Les constats sont éloquents à ce sujet comme en témoigne la Commission des droits de la personne du Québec :

" … la Commission…pour répondre aux demandes de citoyens-ne-s qui, majoritairement, n'étaient pas partie au conflit et qui alléguaient des violations aux droits protégés par la Charte des droits et libertés de la personne. …il est apparu que la manière dont les contrôles étaient exercés par certains agent-e-s de la Sûreté du Québec pouvaient porter atteinte à des droits des citoyen-ne-s du territoire encerclé : droits fondamentaux (à la sécurité, à l'intégrité, au secours, à la liberté d'expression, à la réputation, à la libre disposition de ses biens …), droit de ne pas subir de discrimination ou de harcèlement, droits judiciaires (protection contre les saisies et fouilles abusives,…… Le périmètre de sécurité établi par la Sûreté du Québec était divisé en deux zones principales : le village d'Oka…… et le secteur Kanesatake, zone considérée ¨à hauts risques¨, où les restrictions s'appliquaient tant à la circulation des personnes et des vivres qu'au commerce. "4

De tels gestes sont impensables et injustifiables dans une société qui se vante de se classer au premier rang des nations pour la qualité de vie dont jouissent ses citoyens et pour le respect des droits fondamentaux; ces comportements sont indignes de gouvernements civilisés.

Faut-il rappeler de plus que ce n'est que 29 jours5 après la mise en place des barricades, et qui resteront érigées pour 78 jours, que la Direction générale de la sécurité civile du Ministère de la Sécurité publique est intervenue pour donner gîte et nourriture à une population prise en otage. Aujourd'hui après la Crise du Verglas il y a peut être 3,5 millions de personnes qui peuvent comprendre ce qu'ont vécu les citoyens de Kanesatake; et pourtant ces 78 jours n'étaient que le prélude des cinq années d'enfer qui les attendaient.

___________________

3 Rapport final, Oka au sortir de la Crise Amérindienne, 26 avril 1991, par Me Guy Bélisle et madame Hélène Thibault de Le Groupe de consultation et de concertation d'Oka et présenté à monsieur Benoit Bouchard, ministre de la Santé nationale et Bien-être social Canada et ministre responsable du Développement économique régional au Québec.
4 Le Choc Collectif, avril 1991, Commission des droits de la personnes du Québec, pages 22, 23.
5 Voir décrets 1163-90 du 8 août 1990, 1190-90 du 15 août 1990 et 1497-90 du 17 octobre 1990.

Suite du Mémoire, page 4
 
 
 
 
 
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